mercredi 19 mai 2010

Le journaliste de demain ? Un "journaliste Shiva" selon Éric Mettout


Pour Éric Mettout, rédacteur en chef de L’Express.fr, le journaliste de demain sera un "journaliste Shiva"*, maîtrisant tous les outils du web et capable de s’adapter en permanence.

Crédit photo : Razak

Avec près de 3 000 followers et plus de 4 000 tweets, Eric Mettout apparaît comme une personnalité très respectée du web. Sur Twitter, mais aussi sur son blog, Nouvelle formule, il s’adresse à "sa" communauté : "celle des journalistes qui réfléchissent à ce que va être le journalisme de demain"**.

Selon lui, un réseau social tel que Twitter présente trois grands intérêts pour un journaliste :

- s’informer, parfois en avant-première (ce qui suppose de "suivre les bonnes personnes")

- communiquer sur son propre contenu auprès de sa communauté

- gagner en crédibilité et s’imposer auprès d’une communauté préexistante.

S’il est vrai que le "blogging" et l’usage des réseaux sociaux conduit à une certaine personnalisation de l’information – le journaliste connu de sa communauté devient une "marque" et dispose d’un "portefeuille" de lecteurs – d’après Éric Mettout la différence ne se situe pas entre les journalistes du print et ceux du web, mais entre les journalistes qui utilisent les réseaux sociaux et ceux qui ne le font pas.

"Pour être un peu provocateur, je dirai que cela commence à créer une différence entre les bons journalistes et les moins bons", résume-t-il.

"A mes yeux, il est impossible aujourd’hui de ne pas utiliser ces outils : je ne parle pas que de Twitter ou des blogs mais d’internet de manière générale.

Ne pas maîtriser les techniques d’investigation en ligne, ne pas gérer sa communauté par le biais des réseaux sociaux va devenir un handicap pour ceux qui s’y refusent.

Savoir que ces outils existent et savoir comment les utiliser fait partie du bagage nécessaire pour tout journaliste aujourd’hui."


* En référence au dieu hindou de la destruction des illusions et de l’ignorance, pourvu de quatre bras.

** Propos recueilli dans le cadre d'un mémoire sur le journalisme bimédia.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire